Le
Voyage au coeur de la
nuit était, au sens propre, un « projet éducatif ».
Il a été, à ce titre, accompagné d'un dossier pédagogique à
commander ou à télécharger (format
PDF
- 9 Mo).
Projet, car il nous a projetés réellement,
mentalement et physiquement, dans le monde des aveugles. Éducatif
car son objectif était de nous faire connaître, par le vécu, ce que
devient la vie lorsqu'on est privé de la vue et de prendre conscience
des difficultés, des angoisses, des défis quotidiens qui jalonnent un
parcours des plus banals. Vivre la peur-panique du noir et apprendre à
l'apprivoiser. Avoir, sans s'y attendre
vraiment, la révélation des autres sens :
- l'ouïe
d'abord, la voix rassurante du guide et tous les repères auditifs, les
oiseaux, le vent, l'eau qui coule, qui nous informent sur le lieu, qui
nous apprennent à construire une image mentale de l'environnement, mais
aussi la voix de « l'autre » qu'on va rencontrer et qu'on va
imaginer, lui donner une taille, un âge, un visage ;
- l'odorat
ensuite, ces petits « détails » auxquels on n'accorde pas
d'importance en général, les odeurs de la forêt, de la nature, et puis
celles de la ville, des magasins comme la boulangerie et aussi bien sûr
l'odeur de « l'autre », de sa maison, de sa cuisine ;
- le
toucher qui devient le complément indispensable à deux
titres : il
y a le vent qui nous caresse la peau, la chaleur ou la fraîcheur qui
nous renseigne, mais il y a aussi le geste qu'il faut oser, toucher
l'autre pour se rassurer, sentir une rampe, un mur, prendre un objet et
le reconnaître...
- et même le goût
puisqu'on termine par une petite dégustation.
« Inverser
» les rôles, changer les « points de vue » afin de mieux
comprendre l'autre... Se faire guider par celui qui d'habitude est
guidé... Lâcher prise.... Prendre conscience en « vivant »,
le temps d'un voyage, ce que nos aventuriers
« extra-ordinaires » vivent au quotidien.
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Une autre réaction par rapport au voyage de 2002
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